Nature & saisons il y a 21 hAjouter aux favoris

La revue britannique Gardeners' World a interrogé des centaines de jardiniers sur les plantes les plus injustement méconnues. Voici, en écho, cinq de ces oubliées à réhabiliter : modestes, sans éclat de saison, mais qui portent le jardin d'un bout à l'autre de l'année. Éloge du peu remarquable.
Il y a dans le jardin des plantes qu'on montre - les roses, les hortensias, les grandes vivaces qui font l'événement - et il y a les autres. Celles qu'on ne remarque pas, qui ne demandent rien, qui tiennent silencieusement le décor. Un sondage récent de la revue Gardeners' World auprès de centaines de jardiniers britanniques a demandé quelles plantes elles et ils regrettaient de voir si peu dans les jardins voisins. Inspirée par cet éloge du modeste, voici cinq de ces oubliées, choisies pour leur charme discret et leur générosité peu bruyante.
Fine, aérienne, ses petites inflorescences en épis rouges ou blancs flottent au-dessus du feuillage comme des lucioles. Elle tient droite sans tuteur, ne demande presque rien, attire les insectes de fin d'été. En bord de massif, elle apporte cette légèreté que les grosses vivaces perdent en juillet.
Genre immense (plus de 2 000 espèces) qui va du couvre-sol au petit arbuste. Trop rarement plantées dans nos jardins, les euphorbes offrent des architectures graphiques toute l'année, résistent à la sécheresse, et leurs bractées d'un vert acide illuminent le printemps. Attention en revanche : leur sève laiteuse est irritante. Gantez-vous pour la taille.
Vieille amie des herboristes, l'achillée est aussi une superbe plante de jardin sec. Ombelles plates jaunes, blanches, roses ou saumon, port dressé, feuillage plumeux. Elle fleurit longtemps, se ressème doucement, nourrit les pollinisateurs. Elle a même la vertu, dit-on, d'aider les plantes voisines à mieux se porter - un vieil adage des jardins de curé.
Longues tiges dégingandées, petites fleurs violettes en bouquets, hauteur d'1,5 m sans un centimètre de tuteur. Elle se plante en semi-transparence : on voit à travers, elle donne de la profondeur au massif. Adorée des papillons. Se ressème d'une année sur l'autre avec juste ce qu'il faut d'abandon.
Grande sauvage à port de chandelier, épines partout, fleurs mauves en manchon. Bisannuelle : la première année une rosette, la seconde une hampe majestueuse. En hiver, ses tiges séchées deviennent des sculptures pour le jardin et un garde-manger pour les chardonnerets. Utile aussi : elle capte l'eau à la base des feuilles, comme un petit vase naturel.
Toutes ces oubliées ont en commun une même qualité : elles ne cherchent pas à être vues. Elles s'accordent au terrain, résistent à la sécheresse, se ressèment ou se contentent d'être. Le beau jardin n'est pas celui qui explose de couleurs deux semaines par an ; c'est celui qui garde son geste juste, sa lumière propre, sa vie discrète.
Une petite invitation à ralentir devant l'étal du pépiniériste - et à demander, plutôt que la vedette du moment, ces vieilles complices dont on ne se lasse pas.
Nous sommes en juillet : c'est le moment de repérer chez les voisins, chez les amis, dans les jardins ouverts au public, les plantes qui vous plaisent - bouture, note, prise de photo. La plantation se fera à l'automne, entre septembre et novembre, dans une terre encore tiède. La nature n'aime rien tant que la patience.
Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.