Cinq minutes le dos au sol, les jambes le long d'un mur. Une posture de yoga restaurative accessible à tous - pour poser une journée trop dense.
Une posture minuscule, un effet disproportionné
Viparita Karani (विपरीत करणी, littéralement « l'action inversée ») fait partie du répertoire du hatha yoga depuis au moins le XVᵉ siècle - on la trouve décrite dans la Hatha Yoga Pradipika, un traité classique. Aujourd'hui elle est surtout connue sous son nom anglais familier, legs up the wall : « les jambes en haut du mur ».
C'est une des rares postures que l'on peut faire sans échauffement, en tenue de bureau, sur un tapis ou même une serviette. On y reste 5 à 15 minutes, on se relève, et l'on ressent - souvent - un vrai apaisement du corps et de la tête.
Le geste, pas-à-pas
- Choisir un mur libre. Idéalement 60 cm au sol devant le mur - la place qu'occupera votre bassin.
- S'asseoir de côté, une hanche contre le mur, genoux repliés.
- Basculer sur le dos en même temps que l'on fait pivoter les jambes vers le mur. Les fesses viennent naturellement s'appuyer contre le mur, ou à quelques centimètres selon la souplesse.
- Étendre les jambes contre le mur. Elles peuvent être légèrement fléchies si vos ischio-jambiers tirent - c'est parfait aussi.
- Poser les bras en croix, ou paumes sur le ventre. Fermer les yeux si l'on veut.
- Rester 5 à 15 minutes. Respirer normalement, sans forcer.
- Sortir en douceur : plier les genoux, rouler sur le côté (n'importe lequel), rester un instant en position fœtale, puis se redresser lentement.
Petites variantes
- Avec un coussin sous le bassin : soulève légèrement les hanches, accentue l'effet de « retour » dans le bas du dos et le bassin. Confortable pour les personnes qui ont mal aux lombaires.
- Sans mur, sur une chaise : on pose les mollets sur l'assise d'une chaise, les cuisses en angle droit. Version encore plus douce pour les débutants ou les personnes âgées.
- Yeux couverts d'un petit sac de graines ou d'un tissu doux : ajoute à la sensation d'apaisement.
Ce que l'on peut ressentir
Beaucoup de personnes décrivent, après quelques minutes en Viparita Karani, une sensation de jambes plus légères, un ralentissement du souffle, un mental qui « pose ». C'est logique : la position inversée facilite le retour veineux vers le cœur (les jambes ne travaillent plus contre la gravité), et l'immobilité prolongée invite le système nerveux à passer en mode parasympathique - le mode « repos et digestion ».
C'est un excellent rituel pour :
- Après une journée passée debout ou en marche.
- Après un long voyage en avion.
- Avant un moment où l'on veut être posé (une réunion tendue, une conversation difficile, l'endormissement).
À qui elle ne convient pas
Ne pas pratiquer Viparita Karani :
- En cas d'hypertension non contrôlée : la position inversée fait monter la tension.
- En cas de glaucome ou de problème rétinien : la pression intraoculaire augmente.
- Pendant les règles : la tradition indienne le déconseille, et beaucoup de femmes trouvent effectivement la posture inconfortable à ce moment-là.
- En fin de grossesse : préférer une variante allongée sur le côté, jambes surélevées sur un coussin.
- En cas de hernie discale récente : consulter un professionnel avant.
Un cadre
Le yoga restauratif - dont Viparita Karani est une des postures phares - est un excellent entraînement au bien-être, pas un traitement médical. Si l'on souffre d'insomnie chronique, d'anxiété persistante ou de douleurs qui ne passent pas, la posture peut aider en accompagnement - jamais en remplacement d'un suivi. Consultez un professionnel de santé si les symptômes persistent.
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Thomas VidalSouffle & méditationGuide du souffle, de la pleine conscience et du sommeil.