Expirer, cet art qu'on oublie - pourquoi souffler compte autant qu'inspirer

Dans la série : Souffle au quotidien — respirations, méditations, sommeil· Étape 9/9

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Expirer, cet art qu'on oublie - pourquoi souffler compte autant qu'inspirer
Illustration : Mei Arakawa

Un pas-à-pas court pour redécouvrir la moitié négligée de la respiration : le temps de l'expiration, celui qui apaise vraiment.

Quand on commence à s'intéresser à la respiration, on est presque toujours guidé vers l'inspiration : « respire à fond », « prends une grande inspiration », « remplis les poumons ». Puis on se concentre sur ce début de mouvement, on prend une grande goulée d'air, et… souvent, on ne sait plus quoi faire ensuite. On expire à la va-vite, comme si l'expiration n'était qu'un « retour à la ligne » entre deux vraies respirations.

Or c'est exactement l'inverse. Dans la plupart des traditions du souffle - pranayama indien, qi gong chinois, méditation zen - c'est l'expiration qui est la clef. C'est elle qui pose, qui déloge, qui allonge. Cette semaine, on regarde pourquoi, et on essaie ensemble un exercice court, sans matériel, à faire assis sur une chaise.

Pourquoi l'expiration compte autant (et souvent plus)

Deux raisons à retenir, l'une mécanique, l'autre nerveuse.

1. Mécanique. À la fin d'une expiration normale, il reste toujours de l'air dans les poumons - c'est ce que les physiologistes appellent le volume résiduel. Si on n'expire jamais à fond, on inspire par-dessus cet air ancien. Une expiration plus longue et plus complète fait de la place ; l'inspiration qui suit devient alors naturellement plus ample, sans forcer. C'est pour ça que « prendre une grande inspiration » de force, quand on est stressé, marche rarement : on n'a pas fait la place.

2. Système nerveux. L'inspiration accélère légèrement le rythme cardiaque (via le sympathique) ; l'expiration le ralentit (via le vague, la branche du parasympathique qui apaise). Autrement dit : allonger l'expiration, c'est envoyer un message au corps : « tout va bien, on peut se poser. » Ce mécanisme (l'arythmie sinusale respiratoire) est décrit en physiologie depuis longtemps. On le retrouve, formulé autrement, dans toutes les traditions du souffle qui prescrivent une expiration plus longue que l'inspiration.

Un exercice court - la respiration « 4-6 »

Rien de spectaculaire. Juste une expiration un peu plus longue que l'inspiration. À faire une fois par jour au début, idéalement au moment de basculer d'un temps de la journée à un autre (fin du travail, avant un repas, avant de se coucher).

Position : assis, dos droit sans être raide, pieds à plat au sol, mains posées sur les cuisses. Vous pouvez fermer les yeux ou fixer un point neutre au sol devant vous.

1. Observer une respiration (30 secondes). Sans rien changer, sentir où l'air entre : est-ce le ventre qui bouge, la poitrine, les côtes ? Ne cherchez pas à corriger - juste voir.

2. Poser un rythme.

  • Inspirer par le nez en comptant 1 - 2 - 3 - 4 (environ 4 secondes).
  • Expirer par le nez (bouche fermée) en comptant 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 (environ 6 secondes).

Le compte peut être plus lent ou plus rapide selon votre confort : l'important n'est pas la durée exacte, c'est le rapport (expiration environ 1,5 fois l'inspiration).

3. Répéter 6 à 8 cycles. Cela prend une minute, une minute et demie. C'est tout.

4. Reprendre une respiration normale, sans compter, quelques secondes, avant de reprendre votre activité.

Petites règles de confort

  • Par le nez, tant que possible. La bouche pour expirer n'est pas interdite (elle est même utile dans certaines traditions), mais démarrez par le nez : c'est plus doux, cela filtre et réchauffe l'air.
  • Ne bloquez pas entre les phases : on cherche la fluidité, pas la performance.
  • Si vous sentez la tête tourner : arrêtez, respirez normalement. Ça peut arriver au début quand on allonge trop l'expiration. Réduisez le compte (par exemple 3 inspir / 5 expir), reprenez plus tard.
  • Cet exercice n'est pas une thérapie. Il fait partie des micro-pratiques d'apaisement, à côté de la marche, du sommeil, d'un cadre de vie sain. En cas d'anxiété persistante, de troubles du sommeil qui s'installent, ou de gêne respiratoire, il faut consulter un professionnel de santé. Le souffle accompagne - il ne remplace pas.

Ce que ça change, au fil des jours

La première fois, on trouve souvent que six secondes d'expiration, c'est long - la fin de l'expiration se fait dans un léger manque. C'est normal : on a l'habitude de sortir juste un peu d'air. En quelques jours, le rapport 4-6 devient confortable, puis on peut aller vers 4-7 ou 4-8 si l'envie vient (sans forcer, sans se fixer d'objectif). Ce qu'on gagne n'est pas spectaculaire : un peu plus de calme au moment où on avait besoin de faire une pause, un sommeil un peu plus posé le soir, une tension d'épaules un peu moins présente en fin de journée.

C'est un exercice minuscule. Mais respirer, on le fait environ 20 000 fois par jour. Ré-orienter, même légèrement, la moitié de ce mouvement qu'on ignore, ça finit par se sentir.

Prenez soin de vos expirations.

Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.

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Thomas VidalSouffle & méditation
Guide du souffle, de la pleine conscience et du sommeil.
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