木漏れ日 - komorebi, la lumière qui filtre à travers les feuilles

Dans la série : Japon — art de vivre et gestes saisonniers· Étape 2/2

Arts d'Asie il y a 11 hAjouter aux favoris

木漏れ日 - komorebi, la lumière qui filtre à travers les feuilles
Maksim Shutov · Unsplash

Il existe en japonais un mot pour cette lumière - celle qui joue entre les branches, dessine des taches mouvantes au sol, change chaque seconde. *Komorebi*. Une invitation à la lenteur, en trois idéogrammes.

Un mot, trois signes

木 (ko) - l'arbre. 漏れ (more) - filtrer, s'échapper. 日 (bi/hi) - le soleil, la lumière du jour.

Ensemble : 木漏れ日 (komorebi) - « la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres ». Un mot japonais qui n'a pas d'équivalent direct dans la plupart des langues européennes. Il faut, en français, une phrase entière pour dire ce qu'un seul mot japonais nomme.

Cela révèle quelque chose de la langue - et de la culture qui la porte : ce qui mérite un nom, c'est ce qu'on prend le temps de regarder.

Une esthétique du fugace

Le komorebi s'inscrit dans une longue famille de concepts japonais qui célèbrent l'éphémère - pensons au mono no aware, cette mélancolie douce devant la beauté qui passe, ou au wabi-sabi, esthétique de l'imparfait, de l'usé, du modeste.

Le komorebi partage cette famille. Il désigne un phénomène qui ne dure jamais : la lumière bouge, les feuilles bruissent, un nuage passe. La tache dorée qu'on regarde au sol n'existera plus dans dix secondes. Il faudrait, pour la voir, être ici, maintenant.

C'est peut-être là ce que le mot enseigne, avant même sa poésie : une manière d'être présent.

Un rituel très simple

Vous n'avez pas besoin d'aller loin. Un parc en été, un jardin, une rue bordée d'arbres suffisent.

  1. Marchez lentement, sans destination.
  2. Cherchez un endroit où le soleil traverse un feuillage - un tilleul, un érable, un chêne.
  3. Arrêtez-vous. Regardez le sol. Regardez le mur, aussi, si la lumière l'atteint.
  4. Observez le dessin qui se forme - mouvant, imparfait, jamais deux fois pareil.
  5. Restez une minute, ou trois. Ne prenez pas de photo. Regardez.

C'est tout. Il n'y a rien à accomplir. Vous aurez juste, une fois, laissé du temps à quelque chose de très simple.

Ce que komorebi n'est pas

Ce n'est pas une technique de méditation formelle. Ce n'est pas une pratique religieuse. C'est un mot qui, en soi, ne fait rien.

Mais si on l'accueille, il peut modifier discrètement le regard. On se met à voir la lumière autrement - dans le métro qui passe entre deux immeubles, dans un rideau qui bouge, dans la vapeur au-dessus d'un thé.

Komorebi nous rappelle une évidence oubliée : le monde n'a pas besoin d'être spectaculaire pour être beau. Il suffit qu'on le regarde.

Pour aller plus loin

Cette exploration s'inscrit dans notre fil consacré au Japon comme art de vivre. Nous continuerons - au fil des semaines - à visiter ces mots qui nomment ce que nous savons voir mais peinons à dire.

Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.

Notre rédaction
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Liang WeiArts d'Asie & art de vivre
Passeur des arts d'Asie : thé, qi gong, calligraphie, feng shui, jardins.
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