Remèdes & plantes il y a 11 hAjouter aux favoris

Herbe modeste des jardins de simples, le marrube (Marrubium vulgare) est de ces plantes qu'on cueille sans faire de bruit. Amère, robuste, elle traversait les hivers dans les tisanes des cloîtres. Voici son histoire et le geste concret de la tisane, à réserver aux fins de journée fraîches.
Si tu croises le marrube blanc au bord d'un chemin sec, tu risques de ne pas le voir : une plante trapue, aux feuilles gaufrées d'un vert-gris, comme poudrées, et à la tige carrée typique des Lamiacées - la famille de la menthe, du thym, de la mélisse. Son nom savant est Marrubium vulgare. En Allemagne, on l'appelle Andorn ; on la trouve aussi sous le nom de « marrube commun » ou « marrube blanc », par contraste avec le marrube noir qui, lui, est une autre plante - plus toxique - qu'il vaut mieux savoir distinguer.
C'est une herbe qui aime les sols pauvres et les vieux murs. Les moines des monastères la faisaient pousser au jardin des simples, ces carrés d'herbes que l'on tenait à portée de main pour les tisanes de l'hiver. Hildegarde de Bingen (XIIᵉ siècle) la mentionne dans son Physica comme une plante utile pour la voix et les bronches - un usage qu'elle a en commun avec bien d'autres traditions, du bassin méditerranéen à l'Europe centrale.
Ce qu'on récolte : les sommités fleuries, cueillies quand la plante est en fleur (l'été), séchées à l'ombre, puis conservées dans un bocal opaque.
La tisane du soir frais :
À déguster le soir, quand l'automne pointe et que la voix s'enroue au retour d'une promenade venteuse. On peut prolonger en cure courte de quelques jours ; on ne s'installe pas dans une consommation quotidienne au long cours.
L'amertume du marrube n'est pas une bizarrerie : dans l'herboristerie traditionnelle, elle est justement ce qui rend la plante utile - les principes amers stimulent doucement la sphère digestive et respiratoire. C'est pour cela qu'on la boit sans excès et qu'on l'adoucit d'un peu de miel : on cherche à goûter l'amertume, pas à s'en gorger.
Ce fil de tisanes du soir - camomille, mélisse, verveine, thym, tilleul - trouve dans le marrube une note plus rude, moins « douce » que ses cousines. Ce n'est pas la tisane qu'on servira à un enfant fatigué ; c'est celle qu'on garde pour soi, quand on a besoin de quelque chose qui a un peu de caractère. Elle allonge la table des plantes du soir vers l'amer et l'automnal, là où mélisse et camomille tenaient la note douce et florale.
Le marrube blanc n'est pas conseillé pendant la grossesse et l'allaitement, ni chez les enfants. En raison de son action sur la sphère digestive et cardiaque (à forte dose), les personnes qui suivent un traitement (notamment pour le cœur ou la tension) devraient en parler à leur médecin ou pharmacien avant d'en boire régulièrement. C'est aussi une plante à consommer en cure courte, pas en boisson quotidienne.
Comme toujours dans ce coin du magazine : le marrube apaise, réconforte, accompagne - il ne remplace pas un avis médical si la toux s'installe, si la fièvre monte, si quelque chose te semble sortir du cadre. En complément, pas en remplacement - consultez un professionnel de santé.
Ce que j'aime dans le marrube, c'est qu'il n'a rien de flamboyant. Il ne parfume pas la maison comme la lavande, il ne se fait pas admirer comme la rose. C'est une plante de patience, qu'on garde dans un bocal, qu'on tire un soir d'automne quand un peu de vent a fait racler la gorge, et qu'on boit lentement, avec du miel, en regardant tomber le jour. Rien de plus, rien de moins.
Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.
Tisanes du soir — plantes qui aident à déposer la journée